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Voeux du groupe Front de Gauche à la Région Île-de-France

4 Fév 2020 | Divers, Publications

Discours de Céline MALAISÉ
Présidente de groupe Front de gauche du Conseil régional d’Île-de-France

Bonsoir à toutes et à tous,
Mesdames, Messieurs, les élu·e·s, les responsables politiques, associatifs et syndicaux, Chèr·e·s camarades,
Je tenais à saluer la présence de l’Ambassadeur de Palestine en France, M. Salman EL HERFI, et l’assurer par ces temps troublés en Palestine et pour le peuple palestinien de notre indéfectible soutien et de notre entière solidarité.
Merci à vous toutes et tous d’avoir répondu à notre invitation, et bienvenue à cette cérémonie des vœux 2020 du groupe Front de gauche d’Ile-de-France.

Avec l’ensemble des conseiller-e-s régionaux ici présents : Lamine Camara, TAYLAN COSKUN, Sylvie FUCHS, Vanessa GHIATI, Fabien GUILLAUD-BATAILLE, Michel JALLAMION, Didier MIGNOT, Jean-Michel RUIZ, moi-même – ainsi que nos collaboratrices et collaborateur, Gaëlle, David et Karine que je tiens à remercier – nous vous présentons toutes et tous nos vœux pour vous et vos proches, des vœux de bonheur, de santé et de justice sociale et environnementale pour 2020. Ces vœux sont, une fois encore, des vœux de lutte.

L’an passé je débutais déjà en saluant les mobilisations arc-en-ciel : celles des gilets jaunes, des robes noires, des blouses blanches, des stylos rouges, des gilets verts… Ces luttes depuis un an n’ont pas cessé, elles se sont renforcées, étendues. La grève interprofessionnelle et reconductible de plus de 40 jours est la plus importante qu’ai connu notre pays. Elle donne la mesure du refus généralisé de la politique ultra libérale et sans précédent menée par Macron.

Sa mission, après son hold-up électoral, est d’achever de démanteler notre Etat social et redistributeur. Toutes ses contre réformes y concourent en multipliant les cadeaux à ceux qui possèdent et en fabriquant des pauvres qui paient les cadeaux aux premiers. Le refus de l’anéantissement de notre système de retraite par répartition est massif, majoritaire et est à la recherche d’un débouché politique majoritaire rompant avec le libéralisme.

Celles et ceux qui refusent de courber l’échine face aux injustices sociales, fiscale et environnementales se heurtent frontalement à un appareil répressif qui se durcit.  Mutilations, passages à tabac, atteintes au droit de manifester, interpellations préventives, procès expéditifs : la stratégie militarisée du maintien de l’ordre et la surenchère sécuritaire si elles signent la volonté de ce gouvernement de ne pas résoudre la crise sociale qu’il a accentué par la voie démocratique, elles mettent aussi en danger la République. Le pouvoir de Macron est bien plus fragile qu’il le laisse à penser, la question de sa légitimité politique est posée. La crise politique est durablement ouverte et constitue un défi de taille pour notre camp afin qu’elle se dénoue sur une solution démocratique et sociale.

Plus que jamais nous sommes aux côtés de celles et ceux qui luttent pour défendre avec détermination des droits chèrement conquis.

Nous sommes aux côtés de celles et ceux qui refusent de se laisser piétiner face à l’arrogance du personnel politique de la bourgeoise.

Nous sommes avec celles et ceux qui refusent de voir les enjeux climatiques et environnementaux réduits au slogan creux du « Make our planet great again » !

Nous sommes aux côtés de celles et ceux qui veulent construire un débouché politique aux mobilisations sociales, qui proposent des alternatives programmatiques sociales et démocratiques à même de rassembler la gauche et les écologistes pour battre Macron et renvoyer dans les poubelles de l’Histoire l’extrême-droite. La plate-forme commune des forces de gauche et écologistes écrivant d’autres choix possibles pour nos retraites constitue une première étape importante. Les échéances électorales à venir en sauront d’autres durant lesquelles nos forces respectives devront prendre la mesure de ce qui se passe et assumer leurs responsabilités.

En Ile-de-France, Valérie Pécresse prétend se situer dans l’opposition de Macron. Une opposition en réalité ponctuelle et à géométrie variable, car elle soutient, sans oser le dire trop haut, ses contre-réformes ; anticipe parfois leur application au niveau régional ; en réclame même parfois de plus brutales.

Ni En Marche ni LR, mais bien de droite, elle ne sait plus très bien quelle stratégie adopter pour exister : se mettre à la remorque du train macroniste, ou essayer péniblement de s’en démarquer, en proposant des politiques encore plus régressives et désastreuses. Sa stratégie du « en même temps » nulle part et partout à droite lui fait perdre des appuis et l’emmène souvent sur les terres de l’extrême-droite où elle pioche des idées. Ses troupes s’amenuisent, son bateau prend l’eau, à l’image du nouveau siège de la Région à Saint-Ouen, récemment inondé par les intempéries !

Sur le fond, c’est bien le même credo libéral de réduction drastique des dépenses et de soumission aux milieux d’affaires qui l’anime. D’un côté raboter, couper, sabrer dans les dispositifs sociaux ou les services publics régionaux, et de l’autre orienter davantage de dépenses régionales vers des aides à de grands groupes, aussi inutiles que scandaleuses, sans critères ni contrôles, ou vers les territoires et les populations les plus favorisés.

C’est le cas en particulier pour la construction et la rénovation des lycées. Les Yvelines et les Hauts de Seine ont été, cette année encore, largement privilégiés. Choisir les lycées qui sont les mieux lotis, financer au-delà de l’obligation légale les lycées privés, imposer sans concerter que ce soit pour la restauration scolaire ou pour les manuels numériques, baisser le soutien régional annuel pour chaque lycéen de 22€, supprimer des postes de personnels techniques dans les lycées après un pseudo-audit… sont autant de mesures mises en place par Pécresse qui s’ajoutent à la casse du service public d’éducation orchestré par Blanquer.

Dans les transports, la révolution tant annoncée par Valérie Pécresse ne vient toujours pas. Elle continue d’inaugurer des projets lancés par la majorité précédente, et la suite se fait attendre. L’investissement piétine. Les usagers s’impatientent face aux disfonctionnements quotidiens qu’ils subissent. Les usagers des RER, en particulier, n’en peuvent plus. Les lignes de métros sont de plus en plus saturées.

La politique du fret est au point mort, comme l’a bien illustré, l’inaction de Valérie Pécresse sur le désastreux abandon par l’État du train des primeurs Perpignan-Rungis. Les investissements pour le vélo sont aussi clairement sous-dimensionnés, alors que la lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de l’air exige de changer de braquet. L’explosion des déplacements à vélo ces derniers mois en est la preuve éclatante. Un projet de RER Vélo existe, nous le soutenons et agissons pour qu’il soit dorénavant financé par la Région pour que les Franciliens puissent enfin se déplacer en vélo en toute sécurité.

Plus généralement, alors que le service public de transports est de plus en plus mis à mal par l’ouverture à la concurrence, Pécresse y contribue avec zèle par l’attribution de la gestion des nouvelles infrastructures au privé.

Le projet de réaménagement de la Gare du Nord participe de cette logique de privatisation. Le soutien de la droite régionale aux travaux du CDG Express est lui aussi significatif. C’est en fait tout le réaménagement du territoire de Roissy qui est en jeu : si l’on tire le fil, on trouve au bout la privatisation d’ADP, l’extension de Roissy avec le terminal 4 qui sera un nouveau désastre environnemental, et tout près, l’aménagement du triangle de Gonesse qui reste très convoité par les promoteurs, malgré cette belle victoire qu’est l’abandon d’Europacity. Nombre de citoyens, d’associations et d’élus locaux sont actuellement mobilisés sur ces territoires. Ils le sont aussi pour assurer l’avenir des transports pour ces territoires oubliés que sont le Val d’Oise et la Seine-et-Marne.

Aux problèmes d’aménagement, s’ajoute la garantie du droit aux transports par des tarifications sociales élargies, dans la perspective d’une gratuité. La mise en place du demi-tarif pour tous les retraités d’Ile-de-France, que le département du Val-de-Marne a engagé dès 2018 et l’annonce récente d’un Navigo à 24 euros par an pour les moins de douze ans prouvent que nos idées font leur chemin ! Mais il faut aller plus loin, et poser la question de la gratuité des transports en commun, qui est un e mesure socialement utile et écologiquement durable.

En matière environnementale, nos inquiétudes restent vives : alors que l’Ile-de-France, première région d’Europe, devrait être en pointe pour la transition écologique, la droite régionale agit à minima, avec une courte vue, des lignes budgétaires réduites, des organismes environnementaux sans moyens d’action et des associations mal traitées. Même inertie en matière de politique agricole, où ce sont les lobbys qui dictent les choix politiques de la région, qu’il s’agisse de préconisations contre le danger des pesticides, de l’absence de volonté pour favoriser une agriculture paysanne ou encore la préservation des terres agricoles.

Comme celle de Macron, la liste des méfaits de la droite régionale s’allonge depuis quatre ans : elle fait dépérir la vitalité artistique et culturelle de notre Région en sous-dimensionnant les aides aux petites structures; elle prend des mesures réactionnaires dictées par ses élu·e·s membres de la Manif pour tous, en finançant notamment des associations anti-IVG ; elle fait des appels du pied à l’extrême-droite avec des mesures xénophobes comme la suppression du tarif réduit des transports pour les sans-papiers bénéficiaires de l’AME. Et même si la justice lui a donné tort, les dégâts sont majeurs pour des dizaines de milliers de personnes.

Sur toutes ces questions, malgré la volonté farouche de réduire notre temps parole à tout prix, nous nous opposons, nous contre-attaquons, nous proposons, et nous agissons aussi comme lanceurs d’alertes, comme par exemple sur le financement d’écoles privées hors contrat avec l’argent public régional ; comme sur le dévoiement par la droite régionale du principe républicain de laïcité avec une charte que le tribunal a fait annuler suite à notre saisine…

Nous continuons aussi à donner l’alerte concernant les violences faites aux femmes, en relayant les exigences du mouvement Metoo, pour que le soutien régional aux femmes victimes de violences soit renforcé, ou en faisant adopter des outils d’éducation et de prévention contre ces violences, tel le violentomètre, qui est diffusé dans tous les lycées et les CFA franciliens.

En somme, depuis 4 ans, la Région est bien souvent aux abonnées absentes pour nombre de Franciliens et de territoires alors qu’elle devrait être un partenaire de premier plan pour améliorer la vie quotidienne de plus de 12 millions de Franciliens. Comment est-ce possible de sabrer plus de 100 millions € pour le logement social alors que se loger est la première difficulté dans notre Région ! A quoi sert la Région avec Pécresse est une question que nous sommes de plus en plus nombreux à nous poser ? A tenter de se construire un destin personnel mais pas à l’intérêt général.

Pour nous, c’est donc clair : il nous faut absolument tourner la page Macron en 2022, mais avant, en Ile-de-France, il faut tourner la page Pécresse dès 2021.

Tourner cette page est une nécessité pour construire une région au service de tous les Franciliennes et Franciliens, pour une Région qui agit vraiment pour le climat et l’environnement, pour une Région sociale qui protège les plus fragiles, qui répond à l’urgence des transports et préserve les services publics, pour une Région partenaire des communes bâtisseuses de logements pour tous, pour une Région qui favorise l’égalité territoriale, l’égalité femmes-hommes et qui lutte contre les violences faites aux femmes, pour une Région engagée contre la précarité étudiante, qui agit vraiment pour l’emploi, pour la formation et le pouvoir d’achat. Toutes celles et tous ceux qui mènent la bataille municipale pour que le plus grand nombre de communes agissent pour leurs habitants, pour des services publics municipaux de qualité, pour la construction de logement accessible à tous vont, ensuite, avoir besoin d’une Région partenaire.

C’est cela qui nous animera jusqu’à la fin du mandat en 2021. Nous voulons bâtir un projet et des propositions afin qu’une des régions les plus riches d’Europe agisse contre les inégalités sociale et territoriales et pour le climat et l’environnement. Ce ne sont pas les idées qui nous manquent ! Mais nous voulons aussi que nos propositions soient rassembleuses afin qu’elles soient majoritaires en Ile-de-France et mises en œuvre dès 2021 par une nouvelle majorité politique régionale. Des convergences nombreuses existent entre les forces politiques de gauche et écologiste mais aussi avec des syndicalistes, des citoyennes et citoyens engagés dans des associations ou dans les luttes sociales ou pour le climat. Nous avons cette nouvelle année pour accentuer ces convergences, pour œuvrer à la construction d’un rassemblement régional à même de mettre dehors Pécresse, à même de marginaliser l’extrême-droite et surtout à même d’améliorer la vie des Franciliens. Tel est notre vœu pour cette nouvelle année.


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