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Conseil régional du 10 juillet 2020

10 Juil 2020 | En séance, Séances 2020

Intervention de Vanessa GHIATI 

Rapport d’évaluation sur la réponse régionale à la crise du COVID-19

Madame la Présidente,

Nous avons lu attentivement ce rapport. Mais c’est principalement la lettre de mission à l’Inspection générale qui a retenu notre attention et qui lui demande d’établir « un rapport retraçant minutieusement les mesures que la Région aura prises et les apprécie sous les angles de la réactivité, de l’efficacité et de l’efficience. »

 

Pourquoi agir si vite sur un périmètre si restreint alors que la crise du Covid 19 court toujours, que les impacts économiques et sociaux que ne font que commencer à l’instar des multiples plans sociaux et licenciements bousiers annoncés ces dernières semaines et que les difficultés sociales augmentent dans les quartiers populaires et classes moyennes.

Pourquoi lancer un tel chantier sans que la possibilité d’esquisser des préconisations pour améliorer ce qui a été entrepris ne soit envisagée ?

Pourquoi déconnecter les mesures prises pendant le confinement du plan de relance qui vient d’être voté ?

Ce rapport est, à nos yeux, très prématuré. Il ne peut, au mieux, être conçu que comme une première étape d’un travail collectif sur une période plus longue avec tous les acteurs impliqués dans la gestion de la crise.

La priorité actuelle est donc de se fixer un temps d’évaluation des décisions régionales prises en temps de crise, de ses conséquences financières et de la capacité de notre institution à gérer les risques majeurs causés par le Covid 19 sur notre écosystème sanitaire, social, environnemental et économique.

Nous ne disposons pas d’un recul suffisant pour apprécier dès à présent l’efficacité des mesures ni de l’ensemble des éléments financiers. l’IGRIF elle même ne clame haut et fort : l’évaluation des politiques publiques n’est envisageable et utile que si des objectifs spécifiques et des indicateurs de mesures sont fixés clairement et surtout disponibles.

Ce rapport que l’IGRIF dit clairement être « hors norme », ne répond en réalité qu’à une commande politique afin de pouvoir dérouler une communication sur l’action régionale ces derniers mois. Une action réactive, utile et nécessaire face à un État défaillant et que notre groupe a en partie validée. Mais pourquoi cette urgence à prouver ce qui n’a pas besoin de l’être ?

Madame la présidente, nous apprécierons de participer à un groupe de travail spécifique à l’évaluation des politiques publiques de crise et d’établir ensemble des préconisations pour anticiper les crises à venir : c’est à la fois indispensable et urgent.

Il nous faut réfléchir, collectivement, à notre lien aux autres collectivités locales, à l’État, sous ses différentes strates territoriales, et ce sur l’ensemble des secteurs.

Notre groupe remercie l’IGRIF pour le travail effectué, même si nous ne retrouvons pas tous les dispositifs qui ont été lancés pendant la période de confinement, comme les tests par exemple.

Je terminerai mon propos en remerciant au nom du groupe Front de Gauche, ces hommes et ces femmes qui font le service public régional et qui ont contribué à la réactivité de la Région en cette période de crise. Ils et elles n’ont pas compté leur temps et leur énergie et ont su adapter leurs organisations de travail pour mettre en œuvre les actions et dispositifs utiles.

Si nous devions retenir un enseignement dans cette crise c’est bel et bien l’utilité des services publics que beaucoup aiment à critiquer et à casser. Oui, l’urgence est aussi de conforter et développer les services publics, de leur donner les moyens humains et financiers de concevoir des réponses adaptées aux différentes crises que nous traversons, en se coordonnant et en agissant de manière complémentaire. La coopération, voila pour nous un fil conducteur indispensable pour répondre aux défis de la Région.

 CREATION D’UN INTERGROUPE

Aujourd’hui avec @EnsembleIDF @Alternative_IDF et @eco_pro_IDF, nous avons créé un intergroupe afin de fédérer nos énergies et de contribuer à l’émergence d’une dynamique pour changer le visage de l’Ile-de-France à partir du printemps prochain.

Voir notre communiqué de presse ci-contre et via ce lien suivant : 20200710_InterGroupe(2)[1]

Intervention de Didier Mignot – Voeu Décentralisation

Madame la Présidente,

Notre groupe s’est déjà exprimé à plusieurs reprises au sujet de la décentralisation, ici en séance plénière et à l’occasion d’un groupe de travail spécifique alors qu’une commission thématique réforme territoriale existe pourtant…

Nous rappelons que nous sommes favorables à une décentralisation, mais une décentralisation solidaire qui ne nous enferme pas dans une logique d’opposition entre l’État et les collectivités territoriales ni à une spécialisation des échelons.

Or, la décentralisation qui se dessine, ici, autour d’une majorité qui ne réfléchit que sous le prisme régional, et là-bas, dans les cabinets ministériels, où a été inventé la notion de différenciation pour mieux ouvrir la porte aux régionalismes, à la concurrence entre les territoires, au dumping social et environnemental et s’affranchir d’un État fort et redistributeur de richesses, cette décentralisation-là, nous n’en voulons pas.

S’il y a une leçon à retenir de la crise sanitaire que nous traversons, c’est l’incapacité de l’État à faire face : ses défaillances ont obligé les collectivités locales à prendre le relais en inventant, en créant des solutions d’appoints dans l’urgence car les politiques publiques n’ont pas permis d’apporter une réponse globale et égalitaire.

Mais posons-nous les bonnes questions : Est-ce que l’État a été défaillant parce qu’il est l’état ? Où bien parce que les politiques libérales d’austérité menées depuis des décennies dans ce pays ont conduit à cette situation calamiteuse. La réponse est dans la question. Qui peut en effet aujourd’hui oser dire que les politiques d’austérité imposées à l’hôpital public, les fermetures de lits et de services, la gestion purement comptable des hôpitaux, un laisser faire désastreux dans les délocalisations d’industries ne sont pour rien dans cette catastrophe sanitaire.

Ce n’est donc pas l’État en tant que tel qui est défaillant mais bien les politiques publiques menées par les gouvernants, d’ailleurs quels que soient les échelons et qui refusent, en plus,de construire la démocratie participative locale avec les citoyen·ne·s…

Et la petite musique, que vous nous jouez avec d’autres, du « laisser faire les régions, qui elles, sont à même de répondre à toutes les situations » consiste en fait à franchir un pas de plus dans la déstructuration de la République. Non pas que les régions, les collectivités locales, n’aient pas un rôle à jouer et une indépendance dans les décisions qu’elles prennent à faire valoir, notamment avec la clause de compétence générale pour nous indispensables à tous les échelons.

Vous nous dîtes dans le texte que la région est  « le territoire pertinent de cette évolution institutionnelle », nous pensons au contraire que les compétences des collectivités doivent être réfléchies dans une logique de complémentarité afin de ne pas déresponsabiliser l’État qui doit être le garant d’un équilibre par la redistribution et la péréquation entre les collectivités, dans le respect de chacune d’entre elles, ou encore l’introduction d’une clause de non régression lorsque le législateur renvoie au pouvoir réglementaire local.

Ce n’est qu’ainsi que les différents échelons des collectivités locales seront traités de manière égalitaire au sein d’un État central et territorial, solidaire et responsable.

Madame la présidente, ce débat est un débat politique de fond qui touche aux fondements de notre Nation et qui nécessite, y compris dans l’intérêt régional, bien plus que la recherche d’un consensus sur des questions de gouvernance et de compétence, une véritable réflexion sur ce que nous voulons faire de la République. Soit la découper pour mieux la livrer à l’appétit des marchés financiers, soit en faire un cadre protecteur de l’intérêt général et de développement   de politiques économiques, sociales et environnementales répondant aux enjeux cruciaux posés à notre humanité. L’agenda de la décentralisation s’est desserré, il nous semble donc pertinent d’approfondir ce débat avant le vote de toute motion. Notre groupe est disponible pour cela.

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